Coopérative Portage Salarial : Mode d’emploi
La coopérative d’activité et d’emploi (CAE) a pour rôle d’accompagner des entrepreneurs-salariés. Elle leur propose des services afin de les aider dans la réussite de leur projet professionnel. Tout comme le portage salarial, elle permet d’allier la liberté des entrepreneurs et la protection du salariat. Découvrez les similitudes et les différences entre la coopérative et le portage salarial.
Qu’est-ce qu’une coopérative d’activité (CAE) ?
Une coopérative d’activité (CAE) est une société intervenant en tant qu’intermédiaire pour accompagner des indépendants. Leurs adhérents obtiennent le statut d’entrepreneur-salarié. Comme avec le portage salarial, c’est la coopérative qui s’occupe des démarches administratives et juridiques (comptabilité, déclaration et paiement des charges sociales, etc.).
L’entrepreneur-salarié exerce son activité en toute indépendance sans avoir à créer son entreprise.
La coopérative d’activité, le portage salarial pour les non cadres
Le portage salarial est souvent présenté comme une solution idéale pour les freelances, mais il reste majoritairement accessible aux profils cadres, avec un seuil de chiffre d’affaires minimum à atteindre.
Pour les indépendants qui ne franchissent pas ce seuil, la coopérative d’activité et d’emploi (CAE) apparaît comme une alternative intéressante : elle permet de bénéficier d’un statut de salarié-entrepreneur sans exigence de revenus minimum.
Autrement dit, la CAE peut être perçue comme un “portage salarial pour les non-cadres” : un cadre sécurisé et collectif, ouvert à des entrepreneurs aux revenus variables ou en phase de démarrage.
En pratique, l’entrepreneur signe un contrat de travail avec la CAE. Il profite alors des mêmes droits qu’un salarié classique :
bulletin de paie ;
salaire ;
protection sociale ;
allocations chômage ;
retraite ;
…
Quels profils et activités en coopérative d’activité ?
Les CAE accueillent une grande diversité de profils, mais certains secteurs y sont historiquement plus représentés.
On y retrouve notamment :
des métiers de services : formateurs, coachs, consultants, graphistes ;
des activités artisanales : création, fabrication d'objets ;
des services aux particuliers : bien-être, accompagnement, services à domicile ;
des professions culturelles et créatives.
En revanche, les activités réglementées et celles nécessitant un local commercial ne peuvent pas opter pour la CAE.
Bon à savoir
Dans la pratique, les entrepreneurs en CAE ont souvent :
- un chiffre d’affaires progressif (phase de test d’activité) ;
- des revenus irréguliers au départ ;
- une logique de sécurisation plutôt que d’optimisation.
Les CAE sont donc particulièrement adaptées :
- aux profils en reconversion ;
- aux activités en lancement ;
- aux entrepreneurs qui souhaitent tester leur marché avant de se structurer.
Comment fonctionne la coopérative ?
L’entrepreneur-salarié conclut un contrat de travail avec la CAE afin de bénéficier de ses services et de son accompagnement (décret n° 2015-1363 du 27 octobre 2025 relatif aux coopératives d'activité et d'emploi et aux entrepreneurs salariés). En contrepartie, il doit verser une contribution à la société et atteindre des objectifs.
Bon à savoir
L’entrepreneur-salarié conclut un contrat de travail avec la CAE afin de bénéficier de ses services et de son accompagnement (décret n° 2015-1363 du 27 octobre 2025 relatif aux coopératives d'activité et d'emploi et aux entrepreneurs salariés). En contrepartie, il doit verser une contribution à la société et atteindre des objectifs.
Il profite alors des mêmes droits qu’un salarié classique :
bulletin de paie ;
salaire ;
protection sociale ;
allocations chômage ;
retraite ;
…
Bon à savoir
Dans un délai de trois ans maximum, l’entrepreneur-salarié devient associé de la CAE afin de participer à sa gouvernance.
En effet, la plupart des CAE ont mis en place deux étapes :
la première : la signature d’un contrat temporaire pour tester l’activité (l’entrepreneur ne devient pas encore entrepreneur-salarié) ;
la deuxième : l’approbation du projet de l’entrepreneur-salarié qui peut alors devenir adhérent en signant un CDI.
Le contrat de travail doit comporter quelques mentions obligatoires :
les objectifs à remplir par l’entrepreneur-salarié ;
les mesures d’accompagnement de la CAE ;
le montant de la contribution ;
la mention des statuts ;
les droits de l’entrepreneur-salarié.
Comme en portage salarial, l’entrepreneur-salarié exerce son activité avec une totale autonomie et bénéficie de la même protection qu’un salarié classique. Par ailleurs, c’est la CAE qui s’occupe de toutes les démarches administratives et juridiques (établissement des bulletins de paie, versement du salaire, réalisation des déclarations fiscales et de TVA, etc.).
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Participer au capital et à la gouvernance de la CAE : comment ça fonctionne concrètement ?
Concrètement, après une phase d’activité (généralement dans un délai de 2 à 3 ans au maximum), l’entrepreneur-salarié peut devenir associé de la coopérative.
Cela implique :
la souscription de parts sociales (souvent pour un montant accessible) ;
un droit de vote en assemblée générale, selon le principe “1 personne = 1 voix” (indépendamment du capital détenu) ;
la possibilité de participer aux décisions stratégiques (orientation de la coopérative, investissements, gouvernance, etc.).
Ce modèle se distingue fortement d’une société de portage salarial classique : vous ne restez pas uniquement “client” de la structure, vous devenez acteur de son fonctionnement.
En contrepartie, cette gouvernance partagée suppose un certain engagement dans la vie de la coopérative et parfois une participation aux réunions ou instances collectives.
Bon à savoir
Vous pouvez également décider de quitter la CAE et de passer en portage salarial ou en société.
Les principales différences entre une coopérative et le portage salarial
La coopérative et le portage salarial ont de nombreux points en commun. Dans les deux cas, le salarié exerce son activité en toute indépendance sans avoir à créer sa structure et en profitant du statut de salarié et de la simplicité de fonctionnement (pas de paperasses administrative, fiscale ou juridique). Néanmoins, de nombreuses différences de fonctionnement existent.
Par exemple, la conclusion d’un contrat de travail avec une CAE nécessite de passer une phase de test alors que la signature du CDI est immédiate avec le portage salarial. Par ailleurs, le portage salarial propose le CDD et le CDI alors que les CAE se cantonnent au CDI.
| CAE | Portage salarial | |
|---|---|---|
| Conditions d'accès |
|
|
| Type de contrat de travail | CDI | CDD ou CDI en portage |
| Frais de gestion | entre 10 et 15 % du chiffre d'affaires réalisé (ou un abonnement fixe avec JUMP) | entre 5 et 15 % du chiffre d'affaires réalisé (ou un abonnement fixe avec JUMP) |
| Minimum de facturation | aucun minimum imposé | montant minimal imposé pour respecter la convention du portage salarial |
| Statut de l'entrepreneur | associé de la CAE et entrepreneur-salarié | salarié-porté |
| Services proposés | accompagnement et suivi systématique du projet | dépend de la structure |
| Activités autorisées | toutes sauf les activités réglementées ou nécessitant de lourds investissements | toutes sauf les activités réglementées et les prestations de services à la personne |
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En bref : que choisir entre coopérative d’activité et portage salarial ?
Si vous hésitez entre les deux dispositifs, voici quelques repères simples pour orienter votre choix :
Besoin d’un contrat de travail à durée déterminée ou d’une reconnaissance “cadre” : portage salarial.
Vous démarrez avec un chiffre d’affaires faible ou irrégulier et souhaitez tester votre activité dans la durée : CAE.
Vous recherchez un cadre collectif avec de la gouvernance partagée et des valeurs coopératives : CAE.
Vous visez des missions bien rémunérées dans des entreprises : portage salarial.
Exemples concrets :
- Mathilde, consultante junior en communication : elle débute et facture moins de 1 000 € par mois. Trop peu pour accéder au portage salarial, elle choisit une coopérative d’activité qui lui permet de tester son projet et de bénéficier d’un accompagnement et de la protection sociale d’un salarié.
- Karim, consultant informatique senior : ses missions sont longues et bien rémunérées auprès de grandes entreprises. Pour sécuriser sa situation et obtenir un statut de cadre, il opte pour le portage salarial.
Comment passer en coopérative ?
Lorsque vous souhaitez rejoindre une coopérative d’activité, vous devez respecter plusieurs étapes :
Réaliser un diagnostic de votre projet : vous participez à une réunion de présentation et à un entretien individuel où vous pourrez signer une convention d’accompagnement temporaire.
Tester votre activité : vous testez pendant une certaine période votre activité tout en conservant votre statut actuel.
Signer un CDI : dès lors que votre projet est validé, vous signez un CDI et devenez entrepreneur-salarié ;
Devenir associé : dans un délai de trois ans, vous devenez associé de la CAE et participez à son développement.
Bon à savoir :
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FAQ
Pourquoi s’engager dans une coopérative ?
Le statut d’entrepreneur-salarié vous permet d’exercer votre activité professionnelle en toute autonomie. Vous choisissez votre organisation et vos clients sans créer d’entreprise. De plus, vous bénéficiez de la protection sociale des salariés et c’est la coopérative qui s’occupe de vos démarches administratives.
Portage salarial ou coopérative : quel statut choisir ?
Tout dépend de votre situation. Le portage salarial est idéal si vous avez déjà des missions et que vous respectez le minimum à facturer. De plus, l’adhésion est plus rapide et simple. En revanche, la coopérative s’adresse à un public plus varié (chiffre d’affaires plus faible et prestations de services à la personne par exemple). Elle propose un accompagnement sur mesure, mais son adhésion est plus longue (phase de test) et vous deviendrez associé de la structure.
Coopérative de portage salarial : qu’est-ce que c’est ?
Une coopérative de portage salarial est une société de portage classique (soumise à la convention collective du portage salarial), structurée sous forme de SCOP (Société Coopérative et Participative).
Concrètement :
- vous êtes salarié porté ;
- vous bénéficiez du cadre du portage (contrat de travail, fiche de paie, protection sociale) ;
- mais la gouvernance est coopérative, avec la possibilité de devenir associé.
À ne pas confondre avec une CAE : le fonctionnement juridique et le cadre réglementaire sont différents.
Quelle différence entre portage salarial classique, portage coopératif et CAE ?
Critère | Portage salarial | Portage coopératif (SCOP) | CAE |
Statut | société commerciale | SCOP | SCOP / SCIC |
Statut du consultant | Salarié porté | Salarié porté + potentiel associé | Entrepreneur-salarié + potentiel associé |
Obligation de devenir associé | Non | Parfois | Oui |
Minimum de CA | Oui | Oui | Non |
Activités autorisées | Toutes, sauf les professions libérales réglementées, les activités de services à la personnes et toutes les prestations effectuées auprès de particuliers (BtoC). | Toutes, sauf les professions libérales réglementées, les activités de services à la personnes et toutes les prestations effectuées auprès de particuliers (BtoC). | Toutes, sauf activités réglementées et celles avec un local commercial |
Peut-on passer d’une CAE au portage salarial classique ?
Oui, c’est tout à fait possible.
De nombreux entrepreneurs utilisent la CAE comme une phase de test, puis basculent ensuite vers :
- la création d’une entreprise ;
- le portage salarial.
Il vous suffit de mettre fin à votre contrat avec la CAE et de choisir une société de portage salarial. Celle-ci vous fera alors signé un CDD ou un CDI.
La CAE est-elle adaptée pour un consultant IT ou marketing ?
Ça dépend de votre situation. La CAE peut vous convenir si :
- vous lancez votre activité ;
- vous avez besoin d’un cadre sécurisant ;
- votre chiffre d’affaires est encore incertain.
Elle est toutefois moins adaptée si :
- vous avez déjà un CA élevé et stable ;
- vous cherchez à optimiser votre revenu net ;
- vous facturez à des TJM élevés.
Dans ce cas, le portage salarial classique est souvent plus performant.
Quels sont les frais d’une coopérative d’activité ?
Les frais pour profiter des services d'une CAE représentent généralement entre 5 et 15 % de votre chiffre d'affaires.
Ils sont généralement plus élevés que pour un portage salarial (5 à 10 % en moyenne).
Que vous optiez pour la CAE ou le portage salarial chez Jump, vous ne serez pas soumis à des frais de gestion proportionnels à votre chiffre d'affaires. Ils sont remplacés par un abonnement fixe à 99 € HT par mois.
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