EURL en Micro-entreprise : Comment être au régime Micro ?
Créer une EURL en micro-entreprise peut sembler paradoxal : d’un côté, une société avec des statuts et une personnalité morale, de l’autre, un régime réputé pour sa simplicité. Pourtant, cette combinaison est bien possible et séduit de plus en plus d’indépendants qui veulent bénéficier à la fois d’une structure sécurisante et d’une gestion allégée. Concrètement, l’EURL au régime micro permet de profiter des avantages de la micro-entreprise (cotisations simplifiées, formalités réduites) tout en conservant les atouts d’une société, notamment une meilleure séparation des patrimoines et une plus grande crédibilité auprès des clients et partenaires. Conditions, fonctionnement, fiscalité et démarches : découvrez tout ce qu’il faut savoir avant de choisir ce statut hybride.
EURL en micro-entreprise : définition et conditions
Peut-on créer une EURL au régime micro-entreprise ?
Oui, c'est tout à fait possible depuis la loi "Sapin 2" de 2016.
Contrairement à une idée reçue, la "micro-entreprise" n'est pas une forme juridique en soi, mais un régime fiscal et social simplifié.
Une EURL, qui est une véritable société (la version "solo" de la SARL), peut choisir d'être taxée selon ce régime au lieu du régime réel.
Les conditions à respecter pour bénéficier du régime micro en EURL
Pour qu'une EURL puisse prétendre au régime de la micro-entreprise, trois conditions cumulatives doivent être remplies. À savoir :
1. Ne pas avoir opté pour l’impôt sur les sociétés (IS) : l’EURL est par défaut soumise à l’impôt sur le revenu (IR), mais elle peut choisir de relever de l’IS. Seule l’EURL à l’IR peut prendre le régime de la micro-entreprise.
2. Avoir un associé unique personne physique : une EURL ayant un associé personne morale (une société) est obligatoirement à l’IS.
3. Avoir une associé unique gérant de l’EURL : l’associé unique ne peut pas déléguer la gérance à un tiers pour opter pour la micro-entreprise.
4. Respecter le plafond de chiffre d’affaires annuel de la micro-entreprise : en 2026, ces seuils sont de 188 700 € pour la vente de marchandises et 77 700 € pour les prestations de services.
Regardez notre webinaire pour en savoir plus sur les plafonds de la micro-entreprise et comment les optimiser :
Les avantages de l’EURL au régime micro vs créer une micro-entreprise (EI)
Une protection du patrimoine plus « hermétique »
En micro-entreprise (EI), vous et votre entreprise ne formez qu'une seule et même personne.
Bien que la loi de 2022 protège désormais vos biens personnels d'office, cette barrière est fragile : les banques demandent quasi systématiquement aux entrepreneurs individuels de signer une renonciation à cette protection pour obtenir un prêt.
À l'inverse, l'EURL crée une personne morale distincte (une société).
C'est la société qui s'endette, pas vous. Sauf faute de gestion grave, vos biens personnels sont bien mieux mis à l'abri, car la séparation juridique est plus profonde et mieux reconnue par les tribunaux et les créanciers.
Une crédibilité accrue auprès des partenaires
Pour un banquier ou un grand compte (B2B), une EURL "en impose" davantage qu'une simple auto-entreprise.
L'existence de statuts rédigés, d'un capital social (même symbolique) et d'un extrait Kbis de société rassure.
Cela montre que vous avez structuré votre projet de manière pérenne.
Pour décrocher un financement professionnel ou répondre à des appels d'offres complexes, l'étiquette "Société" est souvent un sésame que l'auto-entrepreneur n'a pas.
Une évolutivité simple
C'est sans doute l'avantage le plus concret.
Si votre activité explose et que vous souhaitez vous associer, passer d'une micro-entreprise (EI) à une société (SARL) est un cauchemar administratif : il faut :
fermer l'entreprise ;
vendre ou apporter le "fonds de commerce" à une nouvelle société ;
payer des droits d'enregistrement...
En EURL, vous êtes déjà en société.
Pour accueillir un associé, il suffit d'une mise à jour des statuts pour transformer l'EURL en SARL. L'entreprise garde le même numéro SIRET, le même historique et les mêmes contrats en cours.
La "modularité" fiscale et sociale
L'EURL micro est un véritable couteau suisse.
Vous pouvez commencer avec la simplicité du régime micro (cotisations sur le CA encaissé), mais si vos frais augmentent (loyer, embauche), vous pouvez :
quitter le régime micro pour passer au régime réel ;
choisir l'Impôt sur les Sociétés (IS) sans changer de structure.
Cette souplesse permet d'optimiser votre revenu et vos impôts tout au long de la vie de votre entreprise, là où le micro-entrepreneur est souvent bloqué par les plafonds de chiffre d'affaires.
Cotisations sociales et fiscalité EURL micro
Les cotisations sociales d’une EURL au régime micro
Ici, on applique le mécanisme du micro-social. Vous ne payez pas de cotisations sur votre bénéfice réel, mais un pourcentage fixe de votre chiffre d'affaires encaissé.
Vente :12,3 %.
Prestations BIC :21,2 %.
Prestations BNC : 25,6 %.
Prestations BNC (Cipav) : 23,2 %.
Si vous ne réalisez aucun chiffre d'affaires, vous ne payez aucune cotisation sociale.
Bon à savoir :
C'est une différence majeure avec l'EURL classique où des cotisations minimales sont dues même sans revenu.
La fiscalité d’une EURL au régime micro
Sur le plan fiscal, l'EURL est "transparente".
Le bénéfice imposable est calculé après un abattement forfaitaire pour frais :
71 % pour la vente ;
50 % pour les services BIC ;
34 % pour les BNC.
Vous êtes ensuite imposé à l'impôt sur le revenu sur cette base.
Vous pouvez également opter pour le versement libératoire de l'impôt (sous conditions de revenus) de la micro-entreprise, ce qui permet de payer votre impôt en même temps que vos cotisations sociales (tous les mois ou trimestres), au prorata de votre CA.
Attention :
L’EURL en micro-entreprise conserve ses obligations comptables. Elle doit tenir une comptabilité complète et établir des comptes annuels. En revanche, elle n’a plus de liasse fiscale à déposer.
Quid de la TVA pour une EURL en micro-entreprise ?
Le régime micro et la TVA sont deux choses distinctes.
Une EURL micro commence généralement sous le régime de la franchise en base de TVA : vous ne facturez pas de TVA et vous ne la récupérez pas sur vos achats.
Seuils 2026 : Tant que votre CA annuel reste sous 37 500 € (services) ou 85 000 € (ventes), vous êtes en franchise.
Si vous dépassez ces seuils, votre EURL micro devient "redevable" : vous devrez facturer la TVA à vos clients et pourrez déduire celle payée à l’occasion d’achats professionnels.
Démarches de création d’une EURL en micro-entreprise
Immatriculation
La création se fait exclusivement sur le Guichet Unique (INPI). Vous devez :
rédiger des statuts ;
déposer un capital social (minimum 1 €) sur un compte bancaire bloqué ;
publier une annonce légale.
Une fois le dossier validé, vous recevrez votre Kbis, prouvant l'existence juridique de votre société.
Synthèse des différences de coût à la création :
| Poste de dépense | Micro-entreprise (EI) | EURL au régime Micro |
|---|---|---|
| Immatriculation | Gratuit (hors agents co) | ~ 60 € (Greffe) |
| Annonce Légale | Aucune | ~ 150 € |
| Rédaction Statuts | Aucune | Gratuit à 500 € (si avocat) |
| Dépôt de capital | Aucun | Obligatoire (frais bancaires éventuels) |
Option micro : formulaire à remplir et cases à cocher
Lors de la saisie sur le Guichet Unique, dans l'onglet relatif aux options fiscales, vous devez spécifiquement cocher l'option pour le "Régime micro-entreprise" (ou micro-BIC / micro-BNC).
Si vous ne le faites pas, l'EURL sera par défaut placée sous le régime du "réel simplifié".
Renonciation IS
C'est un point technique crucial : par défaut, une EURL est à l'IR, mais elle peut opter pour l'Impôt sur les Sociétés (IS).
Attention, si vous optez pour l'IS, vous perdez immédiatement le droit au régime micro-entreprise.
Pour rester en micro, vous devez donc confirmer l'assujettissement à l'IR et ne surtout pas choisir l'option IS lors de la création ou dans les courriers ultérieurs au fisc.
Et si finalement, c’était le portage salarial qui vous convenait ?
Il s’agit d’un régime hybride qui vous offre la liberté des freelances et la protection des salariés. Son avantage : il est encore plus simple que la micro-entreprise. Pas de comptabilité, pas de déclaration de chiffre d’affaires… Toutes les démarches administratives sont effectuées par la société de portage.
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FAQ
Quand passer d'EURL au régime micro vers le réel simplifié ?
Le passage au régime réel simplifié devient obligatoire si vous dépassez les seuils de chiffre d'affaires pendant deux années consécutives. Toutefois, il peut être avantageux de passer au réel volontairement si vos charges réelles (loyer, matériel, achats) sont supérieures à l'abattement forfaitaire du régime micro. Par exemple, si vous êtes prestataire de services (abattement de 50 %), mais que vos frais réels représentent 70 % de vos revenus, le régime réel vous permettra de payer moins d'impôts et de cotisations.
Puis-je me verser des dividendes en EURL micro ?
La réponse est non. Pour verser des dividendes, une société doit obligatoirement être soumise à l'Impôt sur les Sociétés (IS). Or, pour bénéficier du régime micro-entreprise en EURL, la loi impose d'être à l'Impôt sur le Revenu (IR). En EURL micro, vous ne distinguez pas "salaire" et "dividende" : tout l'argent que vous sortez de la société pour votre usage personnel est considéré comme un prélèvement de l'exploitant, non déductible et déjà imposé via votre chiffre d'affaires.
Ai-je droit à l'ACRE (exonération de cotisations) avec une Eurl en micro-entreprise ?
Oui, l'EURL au régime micro est éligible à l'ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d'Entreprise). Si vous remplissez les conditions (demandeur d'emploi, jeune de moins de 26 ans, etc.), vous bénéficiez d'une réduction de 25 % de vos cotisations sociales pendant vos quatre premiers trimestres d'activité. Depuis le 1er janvier 2026, vous devez déposer une demande d’Acre auprès de l’Urssaf.
Le compte bancaire professionnel est-il obligatoire pour une EURL en micro-entreprise ?
Contrairement à la micro-entreprise en nom propre , l'EURL est une société. Le dépôt du capital social (minimum 1 €) impose l'ouverture d'un compte au nom de la société dès la création. Un compte "professionnel" est donc indispensable et obligatoire pour obtenir l'immatriculation au Greffe.
Puis-je embaucher un salarié en EURL micro ?
Sur le papier, oui. En pratique, c'est fortement déconseillé. Le régime micro calcule vos impôts sur votre chiffre d'affaires, sans déduire vos charges. Si vous payez un salaire et des charges patronales, vous ne pourrez pas les déduire de votre base imposable. Cela revient à payer des impôts sur l'argent que vous avez déjà versé à votre salarié. Si vous prévoyez d'embaucher, le passage au régime réel est quasi inévitable.
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