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EURL ou EI : Fonctionnement et Avantages Respectifs

EURL ou EI : Fonctionnement et Avantages Respectifs

Par Marion Gobourg

Marion Gobourg est diplômée d'un Master II en droit des affaires et fiscalité.

Publié le 2/25/2026 - Mis à jour le 2/26/2026

Se lancer en freelance implique de faire un choix structurant dès le départ : exercer en nom propre ou créer une société. Parmi les options les plus courantes, l’entreprise individuelle (EI) et l’entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) répondent à des logiques différentes, tant sur le plan juridique que fiscal et social. Simplicité de gestion, niveau de protection, optimisation des revenus ou crédibilité auprès des clients : chaque statut présente des avantages et des contraintes selon votre situation et vos objectifs. Alors, faut-il privilégier la souplesse de l’EI ou la structure plus encadrée de l’EURL ? Découvrez les principales différences à connaître et les critères à prendre en compte pour faire le bon choix en 2026.

Quelles sont les principales différences entre une entreprise individuelle (EI) et une entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) ?

En quoi consiste une entreprise individuelle ?

L'entreprise individuelle (EI) est la forme juridique la plus simple pour se lancer seul dans une activité professionnelle. 

Elle ne crée pas de personne morale distincte : l'entrepreneur et son entreprise ne font qu'un juridiquement. 

Concrètement, vous exercez votre activité en votre nom propre, sans créer de société.

Bon à savoir :

Depuis le décret du 12 mai 2022, le patrimoine de l'entrepreneur individuel est automatiquement protégé : vos biens personnels (résidence principale, épargne, biens mobiliers) sont séparés de votre patrimoine professionnel (local commercial, matériel, stocks, créances clients).

En cas de difficultés, vos créanciers professionnels ne peuvent saisir que vos actifs professionnels, sauf en cas de fraude ou de faute de gestion grave. 

L'EI est soumise par défaut à l'impôt sur le revenu (IR) : vos bénéfices sont imposés dans votre déclaration personnelle selon le barème progressif. Toutefois, il est possible d’opter volontairement pour l’impôt sur les sociétés (IS).

Concernant le régime social de l’entrepreneur individuel : il est un travailleur non salarié (TNS). Il est affilié à la Sécurité sociale des indépendants (SSI). Ses cotisations sont calculées sur l’ensemble de son chiffre d’affaires (sauf option pour l’IS).

Vous pouvez également opter pour le régime de la micro-entreprise si vous respectez les seuils de chiffre d'affaires suivants en 2026 :

188 700 € pour la vente ;

77 700 € pour les services.

Les formalités de création sont ultra-simplifiées (pas de statuts, ni de publication d’annonce légale) et les coûts de démarrage très faibles (pas de capital minimum requis).

En quoi consiste une EURL ?

L'EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) est une SARL à associé unique : c'est une véritable société, une personne morale distincte de son créateur.

Vous créez une entité juridique indépendante avec :

son propre patrimoine ;

ses propres comptes bancaires ;

sa personnalité juridique.

La responsabilité de l'associé unique est limitée au montant de ses apports : en cas de dettes de la société, vos biens personnels sont protégés (sauf faute de gestion, garantie personnelle donnée aux banques, ou confusion des patrimoines).

La création d’une EURL nécessite de respecter les étapes de la constitution d’une société :

la rédaction de statuts ;

le dépôt du capital social (minimum symbolique de 1 € en théorie, mais en pratique quelques milliers d'euros pour crédibiliser votre structure) ;

la publication d’une annonce légale ;

le dépôt d’un dossier d’immatriculation sur le Guichet unique.

Le fonctionnement est plus encadré : comptabilité complète obligatoire, tenue d'un registre des décisions de l’associé, dépôt annuel des comptes, etc.

Par défaut, l'EURL est imposée à l'IR (les bénéfices sont directement imposés chez l'associé unique), mais elle peut opter pour :

l'impôt sur les sociétés (IS), ce qui permet de distinguer rémunération du gérant et dividendes ;

la micro-entreprise pour profiter d’un régime ultra simplifié.

En revanche, une EURL avec un associé personne morale est obligatoirement soumise à l’IS.

Enfin, le gérant associé unique d’EURL est considéré comme un TNS, alors que le gérant non associé est assimilé salarié. Ses cotisations sociales sont plus élevées, mais en contrepartie il profite d’une meilleure couverture sociale.

L'EURL est idéale pour :

structurer une activité ;

rassurer partenaires et banques ;

préparer une éventuelle transformation en SARL multi-associés.

Avez-vous pensé au portage salarial pour votre activité d’indépendant ? Comparez les deux statuts rapidement avec notre webinaire :

Comment choisir entre EI et EURL en 2026 ?

Quand choisir EI en 2026 ?

L'entreprise individuelle est particulièrement adaptée si vous démarrez une activité avec peu de risques financiers et que vous recherchez la simplicité.

Choisissez l'EI si :

vous testez une idée sans gros investissement initial ;

vous exercez une profession libérale ou artisanale en solo ;

vous souhaitez minimiser vos frais de création et de fonctionnement ;

vous prévoyez un chiffre d'affaires modeste permettant de bénéficier du régime micro-entreprise avec sa comptabilité ultra-simplifiée ;

vous voulez conserver toute votre flexibilité et éviter les lourdeurs administratives d'une société.

L'EI convient aussi parfaitement aux activités de conseil, de création, de commerce en ligne, ou de prestation de services à domicile. 

Depuis 2022, la protection de votre patrimoine personnel est automatique, ce qui rend l'EI beaucoup plus sûre qu'auparavant. 

L'inconvénient principal : vous êtes imposé sur l'intégralité de vos bénéfices même si vous les laissez dans l'entreprise (sauf option pour l’IS), et il est difficile de faire entrer des associés (il faudrait créer une société).

Quand choisir EURL en 2026 ?

Optez pour l'EURL si vous envisagez une activité nécessitant des investissements importants, un crédit bancaire, ou si vous souhaitez crédibiliser votre démarche auprès de clients professionnels et fournisseurs.

L'EURL est recommandée si :

vous lancez une activité avec des risques financiers significatifs (engagement personnel limité aux apports) ;

vous prévoyez de développer votre structure et d'accueillir des associés (transformation facile en SARL) ;

vous souhaitez optimiser votre fiscalité en optant pour l'IS et en arbitrant entre rémunération et dividendes ;

vous avez besoin de rassurer des partenaires commerciaux ou financiers (image professionnelle d'une société) ;

vous envisagez de limiter vos pouvoirs en désignant un gérant non associé ;

vous voulez capitaliser dans la société sans être imposé immédiatement sur les bénéfices non distribués (en IS).

À noter :

La rémunération du dirigeant est déductible du chiffre d’affaires des entreprises à l’IS (EI et EURL). Par ailleurs, celle d’un gérant non associé est toujours déductible, que ce soit à l’IR ou à l’IS.

L'EURL convient aux activités commerciales structurées, aux startups, aux activités nécessitant des locaux, du personnel ou du matériel coûteux. 

Les inconvénients : coûts de création plus élevés (environ 150-300 €), comptabilité obligatoire (coût annuel d'expert-comptable), formalisme plus lourd (assemblée, PV, dépôt des comptes).

Et le portage salarial ? 

Le portage salarial vous permet d’exercer votre activité de freelance en toute autonomie, et de profiter des avantages des salariés : protection sociale, mutuelle, prévoyance, etc. 

Réformes 2026 : ce qui change pour l’EI et l’EURL

Nouvelle assiette cotisations TNS : revenu brut - charges - 26% abattement

Une évolution importante en 2026 concerne le calcul des cotisations sociales des travailleurs non-salariés (TNS), statut qui concerne les entrepreneurs individuels et les gérants associés uniques d'EURL. 

Traditionnellement, les cotisations étaient calculées sur le bénéfice net (revenu professionnel après déduction des charges). 

La nouveauté introduit un mécanisme d'abattement forfaitaire de 26 % sur l'assiette de cotisations pour certaines catégories de TNS, allégeant ainsi la charge sociale. 

Concrètement, si votre bénéfice annuel est de 50 000 €, vous ne paierez des cotisations que sur 37 000 € (50 000 - 26 % = 37 000 €). Cet abattement vise à harmoniser le traitement des TNS avec celui de certains salariés et à réduire l'écart de protection sociale.

Bon à savoir :

Cette réforme augmente aussi la part des cotisations contributives afin d’améliorer l’acquisition des droits individuels. En pratique, la CSG-CRDS diminue pour augmenter la cotisation retraite.

Les nouveaux taux :

cotisation maladie : taux plein de 8,5 % pour tous les travailleurs indépendants (contre 6,70 % pour les artisans, commerçants et professionnels libéraux non réglementés et 6,50 % pour les professionnels libéraux réglementés auparavant) ;

cotisation de retraite de base déplafonnée (artisans, commerçants, professions libérales non réglementées) : 0,72 % (à la place de 0,60 %) ;

cotisation de retraite complémentaire (artisans, commerçants, professions libérales non réglementées) : 8,1 % (à la place de 7 %) pour la part plafonnée et 9,1 % (contre 8 %) pour la part dépassant le seuil du PASS) ;

cotisation de retraite de base plafonnée (professions libérales réglementées) : 8,73 % (contre 8,23 %) ;

cotisation de retraite complémentaire (professions libérales réglementées relevant de la Cipav) : 11 % (contre 9 %) pour la part plafonnée et 21 % (contre 22 %) pour la part dépassant le PASS.

Micro-entreprise : 25,6 % (vs 24,6 % 2025) dès juillet

Le régime de la micro-entreprise, très prisé pour sa simplicité, connaît une légère hausse de ses taux de cotisations sociales en 2026. 

À partir de janvier 2026, le taux de prélèvement forfaitaire pour les activités de prestations de services (BNC) passe de 24,6 % à 25,6 % du chiffre d'affaires encaissé.

À noter :

Pour les autres activités, les taux restent inchangés.

Cette augmentation permet aux auto-entrepreneurs de bénéficier d’une retraite complémentaire.

Concrètement, pour 10 000 € de chiffre d'affaires en prestations de services, vous paierez 2 560 € de cotisations au lieu de 2 460 €, soit 1 € de plus. 

PASS : 48 060 € (+ 2 %)

Le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS) est un montant de référence essentiel pour le calcul de nombreuses cotisations sociales, prestations et exonérations. 

En 2026, le PASS est fixé à 48 060 €, soit une augmentation de 2 % par rapport à 2025 (47 100 €). 

Cette revalorisation suit l'évolution du salaire moyen en France et impacte directement les indépendants (EI, EURL).

Le PASS sert notamment à :

calculer le plafond des cotisations de retraite complémentaire ;

déterminer les seuils d'exonération de certaines charges ;

fixer les limites de déduction de certaines dépenses (exemple : cotisations Madelin).

Bon à savoir :

Pour un TNS, les cotisations d'assurance vieillesse de base sont calculées sur la partie du revenu jusqu'à 1 PASS (48 060 €), puis à un taux différent au-delà.

La hausse du PASS peut légèrement réduire le poids relatif des cotisations pour les revenus proches de ce seuil, et augmente également les droits futurs (retraite calculée sur une base plus élevée). Il est important d'intégrer cette donnée dans vos prévisions budgétaires annuelles.

EI à l'IS : rémunération déductible, dividendes cotisés > 10%

Depuis quelques années, les entrepreneurs individuels peuvent opter pour l'impôt sur les sociétés (IS), une option traditionnellement réservée aux sociétés. 

Cette possibilité transforme profondément la gestion fiscale et sociale de l'EI. 

En optant pour l'IS, l'entrepreneur peut se verser une rémunération déductible du bénéfice imposable de l'entreprise, ce qui réduit l'assiette de l'impôt sur les sociétés (taux de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % au-delà).

Ensuite, les bénéfices restants peuvent être distribués sous forme de dividendes, qui bénéficient d'une fiscalité avantageuse :

prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % ;

ou option pour le barème progressif avec abattement de 40 %.

Attention :

La part des dividendes qui excède 10 % de la valeur des biens affectés à l’activité est soumise aux cotisations sociales.

Concrètement, si votre EI à l'IS possède 100 000 € de biens professionnels, vous pouvez distribuer jusqu'à 10 000 € de dividendes exemptés de cotisations sociales ; au-delà, ils sont requalifiés en revenus d'activité et cotisés. 

Cette mesure vise à limiter l'optimisation excessive et à garantir le financement de la protection sociale. 

L'option pour l'IS en EI reste intéressante pour ceux qui souhaitent capitaliser dans l'entreprise sans imposition immédiate, mais nécessite une analyse fine des arbitrages rémunération/dividendes.

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