Auto-entrepreneur
Comment immatriculer sa micro-entreprise ?

Comment immatriculer sa micro-entreprise ?

Par Marine Yazidjian

Juriste spécialisée sur les sujets du droit social et de l'entrepreunariat.

Publié le 12/13/2024 - Mis à jour le 3/23/2026

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, toutes les entreprises, y compris les auto-entreprises, ont l’obligation de s’immatriculer sur le site du guichet unique (l’INPI).

Ce portail internet parfaitement sécurisé met à disposition des micro-entrepreneurs un tableau de bord leur permettant de suivre leurs dossiers tout en y apportant des informations et des pièces complémentaires si nécessaire.

À quel endroit effectuer sa demande d’immatriculation d’auto-entrepreneur ?

Le guichet unique de l’INPI

Pour immatriculer votre micro-entreprise, vous devez vous rendre sur le site du guichet unique tenu par l’INPI (www.inpi.fr).

Bon à savoir : Pré-requis indispensable

Avant même de commencer votre immatriculation sur le guichet unique de l’INPI, vous devez créer une identité numérique certifiée. La solution la plus simple consiste à passer par FranceConnect+, qui nécessite la création d’une identité numérique (La Poste ou France Identité). Cette étape est indispensable pour signer gratuitement votre formalité en ligne.

Concrètement, pour créer votre identité numérique :

  • Vous devez disposer d’une pièce d’identité valide ;
  • vous devez suivre une procédure de vérification (en ligne ou en mairie selon la solution choisie) ;
  • une fois activée, cette identité vous permettra de vous connecter et signer vos démarches en toute sécurité.

Vous pourrez ensuite vous connecter sur le guichet unique de trois manières différentes :

Avec une authentification FranceConnect+ (vous devez d’abord disposer d’une identité numérique La Poste, et renseigner vos informations de connexion) ;

Avec un compte INPIConnect. Si vous avez un compte France connect+, vous devrez le lier à votre compte INPIConnect dès votre première connexion ;

Avec une authentification FranceConnect. Si vous avez déjà un compte INPIConnect, il vous sera proposé de le lier à votre compte FranceConnect.

À noter :

Grâce à une authentification via FranceConnect+, vous bénéficiez de la signature électronique pour les démarches de modification, cessation d’entreprise ou de dépôt de comptes annuels.

L’Onglet « déposer une formalité de création d’entreprise »

Une fois que vous vous êtes connecté sur le site du guichet unique via votre compte, vous retrouverez dans votre tableau de bord, l’onglet « déclarer une formalité d’entreprise », puis « création d’entreprise ».

Cette formalité de création d’entreprise va se décliner en cinq étapes :

D’abord, vous choisissez la forme de votre entreprise : vous êtes un entrepreneur individuel bénéficiant du statut micro-entrepreneur (pour la forme juridique, vous devrez choisir la bonne option en faisant dérouler les réponses) ;

Ensuite, si vous souhaitez bénéficier du régime de la micro-entreprise, veillez à bien cocher la case « oui » pour confirmer votre choix ;

Puis, vous devez renseigner des informations sur votre identité (nom, prénom, genre, nationalité, date de naissance, commune de naissance, etc) ;

Vous devez également choisir la périodicité de vos déclarations mensuelles ou trimestrielles ;

Enfin, indiquez votre adresse personnelle.

À noter :

Peu importe la forme juridique et l’activité de votre entreprise, dans tous les cas, vous devrez effectuer les formalités de création de votre structure d’activité exclusivement sur le site www.formalites.entreprises.gouv.fr.

Comment bien déterminer son activité (code APE) avant de déposer une demande de création d’entreprise 

Le choix de votre activité lors de l’immatriculation est une étape clé, car il détermine à la fois votre code APE et surtout votre régime de cotisations sociales. Une erreur à ce stade peut entraîner un mauvais taux de charges ou des formalités complémentaires.

La première question à se poser est la nature de votre activité principale :

Activité commerciale (achat-revente, e-commerce, restauration, hôtellerie) → Vous êtes commerçant. Votre taux de cotisations sociales s'élève à 12,3 % du chiffre d’affaires.

Activité artisanale (travaux manuels : bâtiment, coiffure, réparation, fabrication) → Vous êtes artisan (inscription au Répertoire des métiers). Votre taux de cotisations s'élève à 21,2 % du chiffre d’affaires.

Activité libérale (prestations intellectuelles : consultant, formateur, développeur, coach…) → Vous relevez de la catégorie des professions libérales. Votre taux de cotisations s'élève depuis le 1er janvier 2026 à 25,6 % du chiffre d’affaires.

Il est possible de se tromper dans la qualification de son activité, notamment lorsque celle-ci est hybride ou mal définie. Dans ce cas, l’administration (via l’INPI et l’INSEE) peut requalifier l’activité déclarée si elle ne correspond pas à la réalité, ce qui peut entraîner un changement de code APE et de régime de cotisations. D’où l’importance de décrire précisément ce que vous faites lors de votre déclaration.

Par ailleurs, il est tout à fait possible de cumuler plusieurs activités dès la création. Vous devrez simplement indiquer une activité principale (celle qui génère le plus de chiffre d’affaires). Ensuite, chaque activité sera soumise à son propre taux de cotisations. Par exemple, si vous proposez des prestations de formation (libéral) et vendez des produits (commercial), le chiffre d’affaires respectif de chacune de ces activités sera taxé selon son taux spécifique.

Et si vous compariez avec une alternative plus flexible ?

Créer une micro-entreprise est simple et gratuit… mais ce n’est pas toujours le statut le plus adapté selon votre activité, votre niveau de chiffre d’affaires ou votre besoin de sécurité.

Le portage salarial offre une alternative clé en main : vous conservez votre autonomie tout en bénéficiant du statut de salarié (protection sociale, chômage, retraite…).

Avant de vous lancer, prenez le temps de comparer les deux statuts pour choisir celui qui sera réellement le plus avantageux pour vous.

Les démarches pour faire sa demande d’immatriculation en micro-entreprise

Les documents à fournir

En continuant la procédure d’immatriculation de votre micro-entreprise, vous devrez également joindre certains documents lors de votre déclaration.

Les éléments à fournir sont les suivants :

Justificatif de domiciliation de votre micro-entreprise avec une adresse clairement identifiable (facture d'eau, d'électricité ou de gaz par exemple) ;

Copie de la pièce d'identité de votre pièce d’identité ;

Copie authentique de la déclaration relative à l'insaisissabilité des biens immobiliers non affectés à l'activité professionnelle (utile si vous avez des biens immobiliers autres que votre résidence principale).

À noter :

En tant qu’entrepreneur individuel exerçant sous le régime de la micro-entreprise, votre résidence principale est automatiquement insaisissable par ses créanciers professionnels. Si vous avez d'autres biens immobiliers non affectés à votre activité (résidence secondaire par exemple), vous pouvez les protéger en effectuant une déclaration d'insaisissabilité devant notaire.

Cas particuliers

Le contrat d’appui au projet d’entreprise (CAPE)

Si vous bénéficiez du contrat d’appui au projet d’entreprise (CAPE), vous devrez également joindre une copie de cet accord conclu avec la structure qui vous accompagne.

Attention :

Vous ne pourrez pas cumuler le CAPE avec votre statut de micro-entrepreneur à partir de la déclaration de votre activité.

L’exercice d’une activité réglementée

Si vous exercez une activité réglementée, vous devrez soumettre un justificatif attestant votre qualification professionnelle dans le domaine de votre activité.

Cette activité peut être commerciale, artisanale ou libérale.

À noter :

Pour savoir si votre activité est réglementée, vous pouvez consulter l’annuaire des activités ou professions réglementées sur le site de l’INPI.

Le statut marital (PACS/MARIAGE)

Si vous êtes pacsé, vous devrez fournir un extrait de PACS ou un extrait d’acte de naissance avec la mention du PACS.

Dans le cas où votre partenaire travaille avec vous, vous devrez aussi fournir une attestation sur l’honneur sur le choix de son statut (un salarié par exemple).

Attention :

Si votre micro-entreprise dépasse le plafond annuel du chiffre d’affaires prévu pour son activité, elle basculera inévitablement sous le statut de l’entreprise individuelle.

Si vous êtes marié, vous devrez fournir un extrait d’acte de mariage ou un extrait d’acte de naissance avec la mention du mariage.

Pour les unions célébrées sous le régime de la communauté, vous devrez joindre un document bien spécifique intitulé « attestation de délivrance de l’information donnée à son conjoint commun en biens sur les conséquences des dettes contractées dans l’exercice de sa profession sur les biens communs ».

Il est possible de télécharger directement en ligne un modèle de cette attestation.

Achat, Location-gérance, gérance-mandat d’un fonds de commerce

En cas d’achat, de location-gérance ou de gérance-mandat de fonds de commerce, une copie du contrat sera demandé ainsi qu’une attestation de parution dans un support d’annonces légales de l’avis relatif à l’un de ces actes qui vous concerne.

L’ACRE : une aide à ne pas oublier lors de votre immatriculation

L’ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d’Entreprise) permet de bénéficier d’une réduction de cotisations sociales pendant la première année d’activité. Elle est ouverte à la majorité des créateurs d’entreprise, notamment les demandeurs d’emploi (indemnisés ou non), les bénéficiaires du RSA ou encore les jeunes de moins de 26 ans.

Lorsque vous finalisez votre déclaration d’activité sur le guichet unique, pensez à télécharger le justificatif de création d’activité, indispensable pour faire votre demande d’ACRE. Cette demande doit être effectuée dans un délai maximum de 60 jours à compter de la date de début d’activité déclarée. Une fois votre dossier traité, vous pourrez créer votre espace sur autoentrepreneur.urssaf.fr afin d’accéder à l’ensemble des services en ligne.

Pour en profiter au maximum, il est recommandé de débuter votre activité avec du chiffre d’affaires dès la première année, car la réduction s’applique uniquement pendant les 12 premiers mois. Plus votre activité démarre rapidement, plus l’économie de charges sera importante.

Le coût de l’immatriculation

La procédure d’immatriculation sur le site de l’INPI est totalement gratuite.

À noter :

Certains sites peuvent aussi vous accompagner dans la création de votre entreprise, il faudra alors payer ces services.

À quel endroit voir l’avancement de son dossier ?

Pour suivre l’avancée du traitement de vos formalités de création d’entreprise, connectez-vous au portail e-procédures du site de l’INPI.

Allez ensuite dans la rubrique « Entreprises » puis cliquez sur « Suivre l’avancement d’une formalité d’entreprise ». Vous arrivez alors sur votre tableau de bord.

L’objectif est de vous permettre d’avoir une vue d’ensemble sur les formalités que vous avez effectuées et de voir l’avancement du traitement de votre dossier.

Lors du suivi de votre dossier, vous allez retrouver l’une des mentions suivantes :

« Formalités en attente de signature » : vous n’avez pas encore signé les formalités que vous avez déposées ;

« Formalités en attente de paiement » : vous devez payer les formalités déposées et signées sur l’INPI ;

« Formalités en attente de régularisation » : l’autorité compétente vous a notifié une irrégularité (pièces jointes manquantes, irrégularité de forme, etc.) ;

« Formalités en attente de validation » : les formalités déposées sont en cours d’examen par l’autorité compétente ;

« Formalités validées » : les formalités déposées sont validées par l'autorité compétente ;

« Formalités rejetées » : les formalités déposées sont rejetées par l’autorité compétente. Vous devez déposer une nouvelle formalité si vous souhaitez poursuivre la procédure.

Les documents réceptionnés post demande

Une fois que votre dossier a bien été déposé et validé, vous allez recevoir un récépissé de dépôt de dossier de création d’entreprise (RDDCE) avec la mention « en attente d’immatriculation ».

Ce récépissé est à garder précieusement, en attendant de recevoir la notification de l’INPI confirmant l’immatriculation de votre micro-entreprise.

Une fois que cette dernière étape sera confirmée, vous réceptionnerez une attestation d’immatriculation contenant vos numéros d’immatriculation (SIREN, code APE, etc.).

Que faire en cas de refus ou problème ?

Si votre dossier n’est pas complet, le guichet des formalités des entreprises vous envoie un récépissé contenant les éléments manquants. À compter de la réception du récépissé, vous aurez un délai de quinze jours pour les transmettre.

FAQ

Quels sont les différents registres d’inscription de l’auto-entrepreneur ?

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, toutes les auto-entreprises sont inscrites au registre national des entreprises (RNE).

Les auto-entrepreneurs exerçant une activité commerciale sont également inscrits au registre du commerce et des sociétés (RCS) tandis que les agents commerciaux sont, quant à eux, inscrits au registre spécial des agents commerciaux (RSAC).

Combien de temps pour recevoir mon numéro SIRET ?

Après validation de votre dossier, le numéro SIRET est généralement attribué par l’Insee sous 8 à 15 jours. Ce délai peut varier selon la complétude du dossier, mais il reste en pratique inférieur à 2 semaines dans la majorité des cas.

Puis-je commencer à travailler avant l’immatriculation ?

En principe, vous devez être immatriculé pour exercer légalement. Toutefois, il est toléré de commencer à démarcher ou travailler dès le dépôt du dossier, à condition d’indiquer la mention “SIRET en cours d’attribution” sur vos documents.

Dois-je choisir le versement libératoire de l’impôt ?

Le versement libératoire permet de payer votre impôt en même temps que vos cotisations, sous forme d’un pourcentage de votre chiffre d’affaires. Vous pouvez opter pour le versement libératoire si votre revenu fiscal de référence est inférieur à certains seuils. En cas de faibles revenus, le régime classique peut être plus favorable.

Comment ne pas payer la TVA tout de suite ?

En micro-entreprise, vous bénéficiez automatiquement de la franchise en base de TVA, ce qui signifie que vous ne facturez pas la TVA tant que vous restez sous certains seuils. En 2026, ils sont de 37 500 € pour les prestations de services et 85 000 € pour les activités commerciales. Au-delà, vous devenez redevable de la TVA.

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