Auto-entrepreneur
Comment cumuler une micro-entreprise et un statut d’étudiant ?

Comment cumuler une micro-entreprise et un statut d’étudiant ?

Par Emma Proust

Emma Proust est diplômée d'un Master II en droit de la propriété intellectuelle et management.

Publié le 10/8/2024 - Mis à jour le 1/20/2026

Le cumul du statut d’auto-entrepreneur et d’étudiant est tout à fait possible, à condition de respecter certaines règles (âge, nationalité, type d’activités…). Ce régime permet aux étudiants de lancer une activité indépendante avec des avantages spécifiques (régime fiscal et social simplifié), tout en poursuivant leurs études.

En tant qu’étudiant auto‑entrepreneur, vous restez affilié à votre mutuelle ou à celle de vos parents, déclarez vos revenus via le formulaire 2042‑C‑PRO et payez vos cotisations sociales proportionnellement à votre chiffre d’affaires.

Le cumul du statut d’auto-entrepreneur et d’étudiant  est-il possible ?

Les conditions à respecter

Bonne nouvelle, un étudiant (mineur ou majeur) peut tout à fait devenir auto-entrepreneur ! Il y a toutefois certains critères à respecter.

L’âge et l’émancipation

Pour créer une micro-entreprise en tant qu’étudiant, il faut respecter certains critères d’âge et d’émancipation. Ainsi, il faut avoir minimum 16 ans pour créer son auto-entreprise.

L’âge de l’étudiant va également avoir une influence sur la nature des activités qu’il pourra exercer en micro-entreprise.

Voici un tableau récapitulatif :

ÂgeConditions
Moins de 16 ansImpossible de créer une auto-entreprise
16-18 ans non émancipéAutorisation parentale obligatoire et possibilité d'exercer uniquement une activité artisanale spécifique (petits bricolages, réparation...) ou une activité non réglementée (création d'un site internet...)
16-18 ans émancipéCréation possible sans autorisation parentale pour les activités artisanales ou libérales mais autorisation du juge nécessaire pour les activités commerciales (juge des tutelles ou juge du tribunal judiciaire)
18 ans et plusLibre de créer une micro-entreprise

Bon à savoir

L'émancipation permet à un mineur âgé d'au moins 16 ans d’accomplir des actes civils sans l'autorisation de ses parents (comme créer une auto-entreprise). L’émancipation se fait généralement par décision d’un juge.

La nationalité

Pour devenir auto-entrepreneur, l'étudiant doit résider en France et posséder la nationalité française ou être un ressortissant de l’Union européenne.

Si vous êtes un étudiant étranger (hors UE) en France, vous ne pouvez pas créer de micro-entreprise, à moins de possédez un titre de séjour vous autorisant à exercer une activité professionnelle sur le territoire.

La domiciliation

Comme tout micro-entrepreneur, l’étudiant a l’obligation de domicilier son auto-entreprise, c'est à dire de la rattacher à une adresse fixe. C’est notamment à cette adresse que lui seront envoyés les documents et courriers relatifs à son activité.

Généralement, le domicile personnel est choisi comme adresse de domiciliation en auto-entreprise.

Dans le cas d’un étudiant qui habiterait en résidence universitaire, bien souvent celles-ci n’autorisent pas la domiciliation d’entreprise à leur adresse. Il convient donc de bien se renseigner en amont à ce sujet.

Quoi qu’il en soit, si vous ne pouvez pas domicilier votre auto-entreprise à votre adresse personnelle, vous pouvez toujours utiliser l’adresse du domicile de vos parents ou faire appel à une société spécialisée dans la domiciliation d’entreprises. Celle-ci vous fournira une adresse moyennant quelques euros par mois.

Les activités possibles

Quels métiers peut-on exercer en micro-entreprise ? Toutes les activités ne sont pas accessibles sous ce régime. Il est donc important de vérifier si l’activité souhaitée par l’étudiant peut être exercée sous ce statut.

Par exemple, ne peuvent être exercées en micro-entreprise :

Les activités agricoles. Exemples : chambres d’hôtes à la ferme, vente directe de produits transformés issus de la production de l’exploitation (fromage…) ;

Certaines activités libérales réglementées. Exemples : expert-comptable, masseur-kinésithérapeute, ostéopathe… ;

Les activités immobilières. Exemples : marchands de biens, agents immobiliers, location d’immeubles non meublés ou professionnels.

Outre les incompatibilités classiques entre certaines activités et le statut de micro-entrepreneur, l’âge de l’étudiant peut également être un critère de restriction à certains types d’activités comme nous l’avons vu précédemment.

En revanche, un étudiant peut très bien choisir le statut de micro-entrepreneur pour faire :

De la garde d’animaux (pet sitter) ;

Coursier (livreur de repas) ;

Monteur vidéos ;

Professeur indépendant (cours de soutien scolaire par exemple).

Les avantages et inconvénients de la micro-entreprise pour les étudiants

Les avantages

Les avantages d'être auto-entrepreneur sont nombreux pour un étudiant.

En effet, exercer une activité en micro-entreprise peut lui permettre :

De financer ses études ;

De tester une activité en parallèle de ses études ;

De gagner en expérience professionnelle et d’enrichir son CV.

De plus, la micro-entreprise est avantageuse d’un point de vue création et praticité, pour un étudiant dont le temps et l’argent sont souvent les principales préoccupations :

Rapidité de création (démarche qui s’effectue en ligne sur le guichet unique de l'INPI)  ;

Gratuité ;

Simplicité administrative et gestion allégée (pas de comptabilité à tenir…) ;

Possibilité de cumuler le statut d’auto-entrepreneur avec les allocations versées par la CAF (APL…) ;

En dessous de certains seuils, pas de TVA à facturer en auto-entreprise ;

Cotisations sociales proportionnelles au chiffre d'affaires (si l’étudiant ne réalise pas de chiffre d’affaires, il n’a rien à payer).

Les inconvénients

Même si le régime micro‑entrepreneur offre une grande simplicité, il comporte aussi certains inconvénients spécifiques pour les étudiants.

Il est important de bien les connaître avant de se lancer :

Temps et engagement : Gérer une activité indépendante demande du temps et de l’organisation, ce qui nécessite une bonne planification.

Impact sur les aides et bourses : Les revenus générés par la micro‑entreprise peuvent être pris en compte dans le calcul de certaines bourses ou aides sociales, ce qui peut réduire le montant reçu.

Limites de chiffre d’affaires : Le régime micro impose des plafonds annuels. Dépasser ces seuils oblige à changer de régime fiscal et social, ce qui peut compliquer la gestion pour un étudiant en début d’activité.

Pas de couverture chômage : Comme tout micro‑entrepreneur, l’étudiant ne cotise pas au chômage et n’a donc pas de protection en cas d’arrêt ou de baisse d’activité.

Une solution alternative avec le portage salarial

Le portage salarial permet à l’étudiant d’exercer son activité de façon indépendante tout en bénéficiant des avantages du salariat (protection sociale, chômage, retraite). Le portage salarial peut aussi être une solution pour tester une activité sans prendre de risques.

Pour en savoir plus, vous pouvez prendre rendez-vous pour assister à notre démo de groupe Jump.

Les conséquences du statut d’étudiant auto-entrepreneur

Le régime fiscal et l’imposition

L’étudiant auto-entrepreneur est soumis à l’impôt sur le revenu. Le régime micro-fiscal lui permet de choisir entre le régime classique (avec abattement forfaitaire) ou l’option pour le prélèvement libératoire (article 50-0 du Code Général des Impôts).

Le principe de l'abattement en auto-entreprise, consiste à déduire automatiquement un pourcentage de votre chiffre d'affaires, avant d'imposer vos revenus. L'abattement varie selon l'activité : 34 % pour les prestations de services, 50 % pour les activités commerciales, et 71 % pour la vente de marchandises.

Le versement libératoire en auto-entreprise, permet de régler l'impôt sur le revenu en même temps que les cotisations sociales, via un prélèvement forfaitaire basé sur un pourcentage du chiffre d'affaires (1 % pour la vente, 1,7 % pour les services, et 2,2 % pour les professions libérales).

Astuce

Si vous êtes étudiant et que votre activité ne génère pas encore un chiffre d'affaires conséquent, il est plus avantageux de rester sous le régime de l'abattement forfaitaire.

La première déclaration d’impôt de l’auto-entrepreneur peut être source de stress. En effet, il ne faut pas se tromper sur le chiffre d’affaires à déclarer (toujours déclarer le montant brut) et sur les cases dans lesquelles il faut inscrire les montants.

Si vous êtes encore rattaché au foyer fiscal de vos parents (vous pouvez l’être jusqu’à vos 25 ans), vous devrez déclarer vos revenus issus de votre activité d’auto-entrepreneur, sur la déclaration fiscale de vos parents (dans la partie « personne à charge » de la déclaration 2042-C-PRO).

Le régime social

S’agissant de la protection sociale de l’étudiant auto-entrepreneur, il conserve ses droits d’affiliation à la couverture sociale de ses parents.

Toutefois, il est soumis au régime micro-social pour son activité de micro-entrepreneur. Cela signifie qu’il paie tous les mois ou tous les trimestres, des cotisations sociales à l’URSSAF. Celles-ci sont calculées en pourcentage de son chiffre d'affaires (article L 613-7 du Code de la sécurité sociale).

Ces cotisations vous permettent de cotiser pour :

l’assurance maladie et maternité/paternité ;

la retraite de base et la retraite complémentaire ;

l’assurance invalidité et décès ;

les allocations familiales ;

la CSG et la CRDS.

Vous ne cotisez pas en revanche à l’assurance chômage.

Si vous bénéficiez d’une mutuelle étudiante ou de celle de vos parents, vous pouvez bien évidemment conserver celle-ci.

Les conséquences sur les aides sociales

Être étudiant et auto‑entrepreneur n’entraîne pas automatiquement la fin des aides sociales, mais vos revenus peuvent modifier vos droits ou leurs montants selon les situations.

Par exemple, les bourses sur critères sociaux du CROUS sont calculées à partir des revenus de l’année N‑2 du foyer fiscal : si vous êtes rattaché au foyer de vos parents, les revenus que vous générez avec votre micro‑entreprise s’ajoutent à leurs revenus et peuvent, à terme, réduire ou remettre en cause l’attribution de la bourse lorsque ces revenus entrent dans les calculs (revenus déclarés en 2025 comptabilisés pour une bourse 2027).

Pour les aides au logement (APL) versées par la CAF (article L811-1 à L863-5 du Code de la construction et de l'habitation), la règle de calcul a évolué : le montant des APL est désormais actualisé en continu et dépend des revenus perçus au cours des 12 derniers mois. Si votre chiffre d’affaires augmente, vos droits peuvent être réévalués à la baisse au fil de l’année.

Enfin, certains autres dispositifs comme la prime d’activité peuvent être accessibles à un étudiant auto‑entrepreneur si les conditions de ressources et de résidence sont remplies, mais le montant versé sera recalculé tous les trimestres en fonction des revenus perçus

Comment créer sa micro-entreprise ?

Créer sa micro‑entreprise est simple et rapide grâce au portail officiel autoentrepreneur.urssaf.fr, mais il est important de suivre les étapes dans l’ordre pour éviter les erreurs :

1. Se préparer avant l’inscription

Premièrement vérifiez votre éligibilité : être majeur ou mineur émancipé, résider en France, disposer d’un titre de séjour autorisant l’activité pour les étudiants étrangers. Ensuite, déterminez le type d’activité que vous allez exercer : commerciale, artisanale ou libérale (BIC / BNC) et le secteur principal. Enfin, préparez vos informations personnelles et bancaires (RIB, adresse, contacts).

2. Créer votre compte sur le portail officiel

Rendez-vous sur autoentrepreneur.urssaf.fr et cliquez sur Créer mon auto‑entreprise”. Complétez les champs demandés : identité, adresse, activité, options fiscales (versement libératoire ou régime micro), régime social (micro‑social).

3. Validation et réception du numéro SIRET

Une fois votre demande validée, vous recevez un accusé de réception et votre numéro SIRET, qui officialise la création de votre micro‑entreprise.

Vous êtes maintenant reconnu légalement comme entrepreneur et vous pouvez facturer vos clients.

4. Déclaration et obligations fiscales et sociales

Déclarez votre chiffre d’affaires mensuellement ou trimestriellement (selon l'option choisie) via le portail URSSAF pour le calcul des cotisations sociales.

Pour l’impôt sur le revenu, utilisez le formulaire 2042‑C PRO afin que l’administration applique l’abattement forfaitaire correspondant à votre activité.

FAQ

L’auto-entrepreneur étudiant peut-il bénéficier de l’ACRE ?

Oui, un étudiant auto-entrepreneur peut bénéficier de l'ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d'Entreprise) puisqu’elle est notamment ouverte aux auto-entrepreneurs âgés de 18 à 26 ans.

Cette aide offre une réduction de moitié des charges sociales pendant les 12 premiers mois d’activité.

Quelles sont les conséquences du statut d’auto-entrepreneur étudiant sur les aides sociales ?

Le statut d’auto-entrepreneur n’est pas incompatible avec le versement de certaines aides comme les bourses étudiantes ou encore l’Aide Personnalisé au Logement (APL). Toutefois, le montant de ces aides peut évoluer à la baisse en fonction de vos revenus d’auto-entrepreneur.

Un étudiant étranger peut-il devenir auto‑entrepreneur en France ?

Oui, un étudiant étranger peut devenir auto-entrepreneur en France, sous conditions. L’étudiant doit disposer d’un titre de séjour l’autorisant à exercer une activité indépendante. Les démarches sont similaires à celles d’un étudiant français, mais certaines restrictions peuvent s’appliquer selon le type de visa ou de statut.

Le portage salarial est-il adapté aux jeunes diplômés ?

Le portage salarial peut être une alternative intéressante pour les jeunes diplômés qui souhaitent tester une activité professionnelle sans créer de structure. Vous avez le statut de salarié, ce qui vous permet de bénéficier de la couverture sociale complète. Par ailleurs, la gestion administrative est prise en charge par la société de portage.

Micro‑entreprise ou portage salarial : quels avantages et inconvénients ?

Le choix entre micro-entreprise et portage salarial dépend de vos objectifs, de votre activité et de votre besoin de sécurité sociale. La micro‑entreprise est simple et flexible, mais implique de gérer ses cotisations et ne donne pas droit au chômage. Le portage salarial offre une protection sociale complète, mais avec des frais et moins de liberté sur le chiffre d’affaires.

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