Auto-entrepreneur
Comment déterminer son salaire en micro-entreprise ?

Comment déterminer son salaire en micro-entreprise ?

Par Audrey Roy

Audrey Roy est diplômée d'un master II en droit de l'entreprise.

Publié le 2/20/2026 - Mis à jour le 2/26/2026

Le salaire en auto-entreprise est variable (on parle plus communément de revenus), car il dépend du chiffre d’affaires. Par conséquent, un micro-entrepreneur ne peut pas connaître avec précision le revenu qu’il va percevoir chaque mois. Néanmoins, il est possible de calculer son revenu en estimant son chiffre d’affaires et en déduisant les différentes charges (frais de fonctionnement, cotisations sociales, taxes, impôts…).

Comment estimer et calculer son salaire d’auto-entrepreneur ?

Un auto-entrepreneur ne perçoit pas de salaire en tant que tel, mais des revenus. Il s’agit de la part du chiffre d’affaires qu’il reste une fois tous les charges, les taxes et les impôts payés. En d’autres termes, il s’agit de la somme d’argent dont peut disposer librement un auto-entrepreneur.

Estimer son chiffre d’affaires

Le chiffre d’affaires de l’auto-entrepreneur est la base de calcul pour estimer ses revenus en auto-entreprise. Il s’agit des recettes perçues à la suite du paiement de ses factures par ses clients. Mais attention, le chiffre d’affaires ne correspond pas aux revenus du micro-entrepreneur. En effet, un certain nombre de charges sont à payer avant de pouvoir disposer librement de cet argent.

Afin d’estimer ses revenus, il est donc nécessaire d’estimer son chiffre d’affaires.

Pour cela, vous devez :

fixer un tarif pour vos produits ou prestations de services ;

estimer le volume de ventes en se référant au marché actuel et à vos capacités de production ;

intégrer vos périodes de congés à votre calcul qui ne seront pas rémunérées.

Combien de CA dois-je générer pour me verser l'équivalent d'un SMIC net ?

Pour percevoir l’équivalent du SMIC net mensuel, soit 1 443,11 €, en tant qu’auto-entrepreneur (micro-entrepreneur) prestataire de services, plusieurs paramètres doivent être pris en compte.

Les cotisations sociales s’élèvent à environ 25,6 % du chiffre d’affaires. Si vous optez pour le prélèvement libératoire de l’impôt sur le revenu, il faut ajouter environ 2 % supplémentaires.

Il faut également intégrer la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE), dont le montant dépend de votre commune. Pour un micro-entrepreneur, elle représente généralement l’équivalent de 20 à 50 € par mois.

En tenant compte de l’ensemble de ces charges, pour obtenir 1 443,11 € net par mois, vous devrez réaliser un chiffre d’affaires d’environ 1 950 à 1 980 € par mois dans le cadre d’une activité de prestations de services.

Pour une activité de vente de marchandises, les cotisations sociales sont plus faibles (environ 12,8 %) et le prélèvement libératoire avoisine 1 %. Dans ce cas, le chiffre d’affaires nécessaire pour atteindre le même revenu net se situe plutôt autour de 1 700 à 1 730 € par mois, CFE incluse.

Déterminer ses frais de fonctionnement

Les frais de fonctionnement correspondent aux frais occasionnés dans le cadre de votre activité professionnelle. Ils sont donc à déduire du chiffre d’affaires pour estimer ses revenus. Pour une micro-entreprise, il peut s’agir des frais kilométriques, du loyer d’un bail commercial, d’un abonnement pour un logiciel de facturation, d’une assurance professionnelle

Il est également conseillé d’intégrer une marge d’erreur en cas de dépenses imprévues, de l’ordre de 10 à 15 % des frais de fonctionnement fixes.

Faut-il déduire ses frais de son salaire en auto-entrepreneur ?

En tant qu’auto-entrepreneur, vous ne pouvez pas déduire vos frais professionnels réels du chiffre d’affaires pour réduire les cotisations sociales et l’impôt. Votre revenu net est calculé directement sur le chiffre d’affaires total, quel que soit le montant de vos dépenses.

Les cotisations sociales

Les cotisations sociales pour un auto-entrepreneur permettent d’avoir accès à une protection sociale minimum incluant :

Le taux de cotisations sociales appliqué sur le chiffre d’affaires brut dépend de la nature de l’activité. Les taux applicables en 2026 sont les suivants…

Nature de l’activitéTaux de cotisations sociales sur le chiffre d’affaires brut
Activité commerciale (achat/revente de marchandises)12,3 %
Activité de prestation de services commerciale ou artisanale (BIC)21,2 %
Activité de prestation de services (BNC)25,6 %
Profession libérale affiliée à la Cipav23,2 %
Location de meublés de tourisme classés6 %

Bon à savoir

Vous pouvez bénéficier d’une réduction de 50 % sur le paiement des cotisations sociales durant la 1ère activité grâce à l’aide à la création ou à la reprise d’une entreprise (Acre) pour votre micro-entreprise.

Les impôts

Il existe plusieurs impôts et taxes à payer en micro-entreprise :

l’impôt sur le revenu, avec le régime d’imposition classique (acompte payé chaque mois, puis une régularisation à la suite de la déclaration annuelle des revenus en micro-entreprise) ou le régime du prélèvement libératoire de l’impôt sur le revenu (taux d’imposition fixe sur le chiffre d’affaires brut à payer en même temps que les cotisations sociales) ;

la TVA, si vous ne bénéficiez pas du régime de franchise en base de TVA en auto-entreprise ;

la cotisation foncière des entreprises (CFE), dont le montant dépend de votre chiffre d’affaires ou de la valeur locative de vos locaux professionnels le cas échéant.

Comment optimiser son salaire en tant qu’auto-entrepreneur ?

Les frais de débours

Pour rappel, un auto-entrepreneur ne peut pas déduire le montant réel des frais professionnels de son chiffre d’affaires imposable. Cependant, ce dernier peut appliquer des frais de débours en micro-entreprise.

Les frais de débours représentent des sommes engagées dans le cadre d’une mission. Ces frais sont payés au nom du client par le micro-entrepreneur. Il peut s’agir par exemple des frais de déplacement occasionnés pour le bon déroulement d’une mission auprès d’un client. Dans ce cas et avec l’accord du client, le micro-entrepreneur peut se faire rembourser ces frais par son client.

L’application de frais de débours permet ainsi de ne pas intégrer des frais professionnels dans le résultat imposable. Ces derniers sont considérés comme une avance consentie par le micro-entrepreneur à son client qui devra par la suite rembourser ces frais professionnels.

Déduire des frais professionnels en cumulant son statut avec le portage

Le cumul micro-entreprise et contrat en portage salarial est autorisé.

Ce cumul permet :

de pouvoir déduire les frais professionnels du chiffre d’affaires imposable en portage et de n'avoir aucun plafond de chiffre d’affaires en portage salarial, contrairement à la micro-entreprise.

Vous pouvez ainsi ventiler vos missions entre la micro-entreprise et le portage salarial, afin d’optimiser vos revenus.

Afin d’en savoir plus, n’hésitez pas à utiliser notre simulateur de salaire en portage pour comprendre en quelques clics les avantages financiers d’un tel cumul.

Lisser son salaire pour profiter de la réduction générale dégressive unique (RGDU) de cotisations patronales (ancien dispositif Fillon)

Pour rappel, la réduction générale dégressive unique (RGDU) de cotisations patronales (ancien dispositif Fillon) permet aux employeurs de bénéficier d’une baisse des cotisations sociales patronales pour les salaires ne dépassant pas 3 SMIC, soit 5 469,09 € bruts par mois en 2026.

Lisser son salaire en portage salarial peut donc permettre d’avoir un salaire inférieur à 3 SMIC pour bénéficier de la réduction générale dégressive unique (RGDU) de cotisations patronales. La réduction est maximale pour les salaires inférieurs au SMIC (1 823,03 € en 2026).

Vous pouvez ainsi percevoir un salaire plus élevé grâce à :

une réduction des cotisations patronales du côté de la société de portage ;

un taux de charges sociales moins élevé appliqué sur le chiffre d’affaires.

En d’autres termes, les sociétés de portage salarial agissant en tant qu’employeurs peuvent donc bénéficier de cet allègement des cotisations patronales. Ce dispositif permet ainsi de reverser un salaire plus élevé à ses salariés portés.

Pour cela, un salarié porté peut mettre en réserve auprès de la société de portage une certaine somme d’argent durant les mois où il réalise un meilleur chiffre d’affaires. Cette somme peut ensuite être utilisée pour pallier une baisse de chiffre d’affaires certains mois.

Bon à savoir

Toutes les sociétés de portage salarial ne proposent pas un lissage de salaire. Chez Jump, nous le proposons gratuitement.

Pour aller plus loin

Pour mieux comprendre comment lisser son salaire en portage, n'hésitez pas à participer à l'une de nos présentations Jump.

FAQ

Quels sont les plafonds en auto-entreprise ?

Il existe plusieurs plafonds de chiffre d’affaires en auto-entreprise selon la nature de l’activité :

- 188 700 € pour les activités commerciales relevant des BIC (ex. : vente de composants informatiques) ;

- 77 700 € pour les activités de prestations de services artisanales (BIC) (ex. : fabrication et vente d’objets décoratifs) et de prestations de services (BNC) (ex. : traducteur) ;

- 15 000 € pour les activités de location de meublés de tourisme non classés.

Est-il obligatoire de se verser un salaire en tant qu’auto-entrepreneur ?

En tant que micro-entrepreneur, vous n’êtes pas obligé de vous verser un salaire. Vous pouvez laisser les sommes perçues au titre de votre chiffre d’affaires sur le compte bancaire de votre micro-entreprise. À noter que cela ne vous exonère pas de déclarer et de payer vos cotisations sociales ainsi que votre impôt sur le revenu.

Comment justifier son salaire en tant qu’auto-entrepreneur ?

En tant qu’auto-entrepreneur, vous percevez des revenus et non un salaire. Par conséquent, vous n’avez pas de fiche de paie pour justifier vos revenus en auto-entreprise.

Cependant, d’autres documents peuvent attester de vos revenus tels que :

- votre avis d’imposition sur le revenu ;

- votre attestation fiscale pour vos années d’activité précédentes ;

- vos justificatifs de déclaration et de paiement de vos cotisations sociales auprès de l’Urssaf pour votre année d’activité en cours.

Existe-t-il des fiches de paie en micro-entreprise ?

Un micro-entrepreneur ne se verse pas de salaire, par conséquent il n’a pas de fiches de paie en tant que micro-entrepreneur. Cependant, ce dernier peut recruter un ou plusieurs salariés. Dans ce cas, ce dernier devra établir des fiches de paie pour ses salariés.

Quel est le pourcentage de charges pour un auto-entrepreneur ?

Le pourcentage de charges sociales pour un auto-entrepreneur dépend de l’activité :

- 12,8 % pour la vente de marchandises ;

- 21,2 % pour les activités de prestation de services (BIC) ;

- 25,6 % pour les prestations de services ;

- 23,2 % pour les activités libérales réglementées (Cipav).

Si vous optez pour le prélèvement libératoire, ajoutez 1 à 2 % d’impôt sur le revenu.

La CFE est à prévoir en plus, généralement 20 à 50 € par mois selon la commune. Ces taux s’appliquent sur le chiffre d’affaires brut, sans déduction des frais professionnels.

Est-ce qu'un auto-entrepreneur cotise pour la retraite ?

Oui, un auto-entrepreneur cotise pour la retraite, mais d’une manière spécifique au régime micro-entrepreneur. Les cotisations sociales qu’il paie incluent une part destinée à la retraite de base et à la retraite complémentaire.

Le montant cotisé dépend directement du chiffre d’affaires : plus le CA est élevé, plus les droits à la retraite augmentent. À l’inverse, si le chiffre d’affaires est faible ou nul, ce dernier ne cotise pas et n’acquiert pas de droits pour les mois concernés.

Combien peut-on gagner en auto-entrepise sans perdre ses allocations chômage (ARE) ?

En tant qu’auto-entrepreneur percevant l’ARE (Aide au Retour à l’Emploi), vous pouvez cumuler vos revenus avec vos allocations, mais il y a des règles précises. France Travail considère votre chiffre d’affaires déclaré après déduction des cotisations sociales comme revenu. Pour chaque mois, votre allocation est réduite proportionnellement.

L’ARE est calculée ainsi : ARE initiale − 0,7 × revenus nets auto-entrepreneur

Concrètement, vous pouvez cumuler jusqu’à 70 % de votre revenu net auto-entrepreneur sans perdre complètement l’ARE. Plus vos revenus augmentent, plus vos allocations diminuent, jusqu’à extinction totale de l'ARE si votre revenu auto-entrepreneur dépasse votre ARE mensuelle.

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